Atrophie géographique associée à la DMLA : des tests avec des implants révèlent des résultats positifs

L’inédit système d’implants PRIMA a été utilisé chez les premières personnes test atteintes d’une dégénérescence maculaire sèche liée à l’âge à un des stades avancés. Dans la majorité des cas, il a été possible, jusqu’à un certain degré, de réactiver la fonction de la vue centrale.

L’atrophie géographique est une des formes avancées de la variante sèche de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), une maladie dégénérative de la rétine. Celle-ci se caractérise par une destruction irréversible des cellules de la macula – le centre de la vision la plus nette. Cette maladie est considérée comme la source la plus fréquence de handicaps de la vue irréversible et de la cécité à un âge avancé. Jusqu’à présent, il n’existait aucune thérapie à même de rétablir la capacité visuelle perdue.

Un nouveau traitement reposant sur un implant est désormais en discussion. Une étude américano-britannique actuelle, dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine, se penche sur le système PRIMA (Photovoltaic Retinal Implant Array).

Une micropuce connectée à des lunettes via infrarouge

Ce système repose sur une approche inédite. Il associe un implant placé sous la rétine — composé de minuscules micropuces — à une paire de lunettes spéciales. Ces lunettes projettent une lumière infrarouge, invisible à l’œil humain, directement sur l’implant. Celui-ci transforme ensuite cette lumière en signaux électriques qui simulent les cellules nerveuses encore fonctionnelles de la rétine. Le but est de restaurer, au moins en partie, la vision centrale perdue à cause de l’atrophie géographique.

L’étude a été conçue en tant qu’analyse clinique ouverte, multicentrique et prospective. Ouverte signifie que les chercheurs et les participants savaient quel traitement était administré. L’étude est multicentrique car plusieurs cliniques y ont participé. Et prospective signifie que les données ont été systématiquement collectées à partir du début de l’étude et le seront aussi à l’avenir.

Seulement un petit groupe test

Une seule petite cohorte de patients et de patientes a été étudiée, chaque personne étant comparée à son propre état initial. Le groupe se composait de personnes avec une atrophie géographique et une acuité visuelle d’au moins 1,2 logMAR. L’indice logMAR (logarithm of the minimum angle of resolution) est une mesure standardisée pour l’acuité visuelle. Plus l’indice est élevé, plus la vue est mauvaise. Une valeur de 1,2 correspond à un fort handicap de la vue.

L’acuité visuelle a été mesurée six et douze mois après l’implantation et à chaque fois avec et sans lunettes PRIMA. Les principaux objectifs étaient d’obtenir une amélioration cliniquement significative de l’acuité visuelle d’au moins 0,2 logMAR (ce qui correspond à une amélioration clairement perceptible dans la vie quotidienne) et d’acquérir des connaissances sur le nombre et la gravité des complications liées à l’intervention chirurgicale ou à l’implant.

81 % des participants ont constaté une amélioration de leur vue

Au total, 38 participants à l’étude ont reçu un implant PRIMA. Après douze mois, 32 d’entre eux ont pu passer un examen complet. Sur les six personnes manquantes, trois étaient décédées, une avait mis fin à sa participation et deux n’étaient plus disponibles pour les tests.

Sur les 32 personnes examinées, 26 (81 %) ont montré une amélioration cliniquement significative de leur acuité visuelle. L’intervalle de confiance à 95 % (une marge d’incertitude statistique) se situait entre 64 et 93 %. La valeur p correspondante, inférieure à 0,001, indique que ce résultat n’est très probablement pas le fruit du hasard.

À l’aide de la méthode statistique de l’imputation multiple – un procédé permettant d’estimer de manière réaliste les données manquantes –, il a été calculé que même en intégrant les 38 participants, environ 80 % auraient obtenu une amélioration significative.

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Apparition d’effets secondaires

Au total, 26 effets secondaires significatifs sont apparus chez 19 personnes. La grande majorité (81 %) s’est produite dans les deux mois suivant l’opération. Presque toutes ces complications (95 %) ont rapidement disparu.

Il est également important de relever que l’acuité visuelle périphérique naturelle moyenne, c’est-à-dire la vision en dehors du champ visuel central, est restée inchangée après l’implantation. L’implant n’a donc pas altéré la vision résiduelle existante.

Vérification approfondie de l’efficacité

Cette étude montre que le système PRIMA peut permettre la restauration des fonctions visuelles centrales chez les personnes atteintes d’atrophie géographique due à la DMLA, ce qui est une première. Sur une période de douze mois, une grande partie des personnes concernées ont bénéficié d’une amélioration significative et cliniquement pertinente de leur acuité visuelle.

Il s’agit toutefois d’une étude relativement restreinte – des données à long terme et des études comparatives contrôlées sont nécessaires pour déterminer définitivement l’efficacité de cette technologie.

Source : New England Journal of Medicine (N Engl J Med 2026;394:232-242; DOI: 10.1056/NEJMoa2501396, VOL. 394 NO. 3)

(Première publication en octobre 2025. L’étude a été financée par la California Science Corporation et le Moorfields National Institute for Health and Care Research Biomedical Research Centre de Londres ; référence : PRIMAvera-Study, ClinicalTrials.gov NCT04676854. – Réd. PJ, janvier 2026)